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RightToRepair

Genèse, des Crapauds Fous au Right to Repair

 

Contexte : les Crapauds Fous


A l’origine, un mouvement aussi fou que son nom, appelant chacun d’entre nous à se mobiliser pour sauver notre espèce. Ce mouvement citoyen prend son origine dans la publication du Manifeste du Crapaud Fou fin 2017. Face aux tsunamis écologique, technologique et informationnel, ce dernier appelle chacun(e) de nous à devenir acteur du monde qui arrive. Ses actions sont fondées sur la tolérance et le respect de la diversité, l’éthique du libre (open source), l’invitation à oser le pas de côté et à partager avec les autres, et la montée en capacité des usagers (empowerment). De nombreuses conférences et une couverture médiatique importante ont permis de générer des “cohortes” de Crapauds Fous, aujourd’hui actives dans la plupart des régions.
Cette action de fond a permis l’importation et le déploiement du Right to Repair en France avec David Li (créateur du Shenzhen Open Innovation Lab ) courant 2018.

Notre conviction est que le changement viendra des usagers et de leur montée en capacité (empowerment), permettant l’émergence d’une innovation au service de tous. Dans ce contexte, le Right to Repair est un paradigme de rupture qui fait déjà ses preuves à l’échelle internationale. Fondé sur les principes de l’open source, le partage et l’ancrage dans les communautés, il donne les moyens de réparer à la fois les objets, les personnes et la planète (puisqu’il remédie à l’obsolescence accélérée) avec des bénéfices écologiques, économiques et sociaux durables. Tirant le meilleur des technologies numériques, il permet d’impliquer tout un chacun dans la construction du vivre ensemble.

Crapauds Fous, David Li et Right to Repair


Le mouvement des Crapauds Fous fonctionne selon les principes de l’économie du don. Depuis plus de 15 ans, Thanh a rejoint des pionniers pour défricher les innovations utiles et diffuser les savoirs en appliquant les principes du libre au durable, avec l’aide de son complice mose, un activiste du logiciel libre. Cette approche de pollinisation des idées a permis de mettre en réseau de nombreux acteurs et de créer des écosystèmes innovants. C’est grâce à ce terreau fertilisé sur plus de 15 ans que le projet Right to Repair (RtR) a pu prendre aussi vite son envol.

Image Une rencontre entre David Li et Thanh au salon de l’innovation à Nouméa fin 2017 a débouché dès le printemps 2018 sur plusieurs “roadtrips” organisés avec David Li et des Crapauds Fous sur le territoire national.

Des conférences, hackathons et ateliers ont été montés avec l’Université Catholique de Lille (UCL), le Laboratoire d’Intelligence Collective et Artificielle (LICA), le LAB-Aix, le Centre de recherches Interdiciplinaires (CRI), Synergy Family, les enseignes du groupe Mulliez, Suez, Engie, des incubateurs publics et privés, des CCI, des villes (Marseille, Montreuil, Roubaix, Brest...).

Le discours simple porté par David Li et les Crapauds Fous a été repris dans les médias (le Robin des bois numérique) dont le JT France 3 Provence.

 

David Li, l’innovation utile viendra de la rue


Hacker à l’origine puis maker (il a fondé le SZOIL en 2015), David Li est un farouche défenseur de l’innovation utile et efficace qui sert à autre chose que “produire des smart egg-cookers (autocuiseurs d’oeufs intelligents) avec des pitchs à plusieurs millions d’euros pour séduire les VCs (Capital Risqueurs) de la Silicon Valley à coups de powerpoint bien léchés”.
Basé à Shenzen - dénommée la Silicon Valley du Hardware parce qu’elle produit 90% de l’électronique mondiale - David a mené des recherches montrant que l’innovation dans cet écosystème ouvert est fondée sur l’amélioration ultra-rapide et continue, rendue possible par la collaboration d’une multitude d’entrepreneurs, depuis les puces au design jusqu’à la production finale de montres, smartphones, trottinettes électriques ou robots fermiers.

Pour David, la propriété intellectuelle à Shenzen n’a aucun sens cf son interview Tech en Octobre 2018. Tout objet électronique peut être produit, copié et amélioré en 3 à 12 mois et être mis sur le marché à un prix infime. Selon lui, pour réussir, il faut identifier de vrais besoins en allant auprès des gens, produire en cherchant l’efficacité et aller sur le marché au plus vite. Les copies en amélioration continue dans l’écosystème feront le reste. “Les gens ont d’autant plus envie d’entreprendre que leurs besoins essentiels ne sont pas pourvus”.
Voir David Li et le Shenzen Open Innovation Lab (SZOIL)

Proche des Crapauds Fous et du CRI, David Li cherche à diffuser ce modèle “d’innovation par la rue” dans le monde. En quelques années, il est devenu un artisan majeur de la transformation économique et technologique en Afrique et en Chine, en mobilisant les ressources du numérique, de l’open source avec ses kits low-tech qu’il met au service de tous. Sa démarche permet de proposer des produits accessibles à des personnes ayant un faible pouvoir d’achat, tout en organisant une activité de production ne nécessitant pas de qualification élevée et en utilisant les ressources du e-commerce pour la vente (voir la success story des TaoBao Villages, petits villages ruraux de Chine qui ont développé un revenu de plus de 2 M$ en moins de 5 ans - on en comptait 3200 en 2018).
David Li invite ainsi les entrepreneurs à développer des produits réparables, avec leur marque propre, collant aux besoins des communautés et aux ressources des territoires, en utilisant des méthodes de mise en œuvre faciles d’accès.
Chaque technologie est ouverte pour permettre sa réappropriation et son amélioration collaborative. Parmi les exemples développés à grande échelle par le SZOIL, on peut citer la fabrication en low-cost de smartphones, d’électronique légère, de véhicules électriques ou encore de robots fermiers désherbeurs. Transcrite dans le contexte français, cette démarche résonne avec les activités qui se développent dans le champ de l’économie circulaire et du réemploi, et le développement d’une nouvelle forme d’industrie de type « makers ».

100% Inclusion et RtR, un passage à l’échelle ?

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L’enthousiasme généré pendant le roadtrip de David Li avec les Crapauds Fous en 2018 a débouché sur le rassemblement de nombreux partenaires pour répondre à l’appel à projet “100 % Inclusion” du Ministère du Travail (AAP doté de 240 M€, ouvert en Septembre 2018 pour 3 ans). Un grand merci à Estelle Sauvat, conceptrice du programme 100% Inclusion, qui a cru en le RtR dès la première rencontre et a même eu le chic de nous accompagner aux journées de lancement des Crapauds Fous avec David Li à l’Université Catholique de Lille (5-6 juin 2018) !

D’abord à Marseille, Aix, puis Lille, Roubaix, en passant par Montreuil, les rencontres ont fait monter une multitude d’acteurs à bord.
Au final, le consortium inspiré par les Crapauds fous (CRI, UCL, LICA, Synergy Family, Chance) a remis début janvier 2019 une proposition de 10 M€ pour accompagner 1500 NEETS (Not in Education, Employment or Training, c’est-à-dire personnes éloignées de tout, parfois appelées “invisibles”). La proposition a été retenue en Avril 2019 avec un financement de 7 M€ par la Caisse des Dépôts, cf RTR_100_Inclusion.

Il devrait démarrer début 2020 pour une durée de 3 ans.

Les Crapauds Fous accompagnent le projet, sans y prendre part directement sur le plan financier, puisque nous n’avons pas souhaité avoir de structure et intervenons en tant qu’individus, librement.

L’apport des Crapauds Fous


18 mois après la publication du Manifeste, les Crapauds Fous sont devenus un mouvement ou plutôt un genre de contre-culture, un état d’esprit qui fait parler de lui. Il touche des publics divers et permet aux gens de se retrouver librement pour échanger et créer des cohortes par thématique, lieu, envie de rêver, débattre ou construire … Grâce à Thinkerview en mai 2018, grâce à la mare virtuelle, son chat et aux jardiniers, les conférences et rencontres se multiplient. Plus de 170 000 personnes ont visionné le Thinkerview, plus de 2000 ont plongé dans la mare, des dizaines de cohortes sont actives un peu partout en France, et le RtR permet d’envisager un changement d’échelle.
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Au niveau de RTR, parce que les Crapauds Fous sont en quête de solutions pour résoudre de “vrais” problèmes de société, en permettant à chacun de devenir acteur, la combinaison Crapauds Fous + David Li + RtR permet de défricher les meilleures pratiques dont le RtR est un exemple. Le mouvement permet d’expérimenter et diffuser les savoirs sans cadre contraignant. A travers une vision partagée, les méthodes du collaboratif, de l’IA pour tous et l’IC (Intelligence Collective), il met en lien les acteurs et contribue à créer des communautés apprenantes.

Il permet à chacun de se mettre en action, en osant le pas de côté et de rejoindre d’autres personnes désireuses d’agir, pour faire cohorte et passer à l’échelle.
Alors, si RtR fait ses preuves en Afrique et dans les villages éloignés en Chine, pourquoi pas chez nous, dans les quartiers défavorisés, en territoire rural, à partir des mares à crapauds ?
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Collaborateur(s) de cette page: Flo.Cuvellier , Anne-35 , thanh et mose .
Page dernièrement modifiée le Dimanche 11 août, 2019 11:16:07 CEST par Flo.Cuvellier.