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RTR_100_Inclusion

Aperçu du projet Right to Repair - 100% Inclusion

Réponse à l’Appel à Projet du Ministère du Travail “100% Inclusion”
Retenu en Avril 2019 pour un budget de 10 Me dont 7 financés par la Caisse des Dépôts.
Voir fichier joint, la proposition finale, et le cahier des charges de l’AAP.

Contexte

En 2017, le halo du chômage (constitué selon l’Insee de personnes qui souhaitent travailler mais ne sont pas comptabilisées comme chômeurs selon la définition du Bureau international du travail) atteint le nombre record de 1,6 millions de personnes présentant des profils très divers : personnes radiées de Pôle emploi, bénéficiaires du RSA ou de l’AAH, familles sans solution de garde, etc. Le taux de chômage des plus jeunes a été multiplié par plus de trois en quarante ans. Cette précarisation peut aboutir à une exclusion totale comme l’atteste le nombre de jeunes sans abris. Les femmes sont aussi particulièrement touchées. Elles occupent des emplois précaires (30% d’entre elles travaillent à temps partiel) et considèrent que l’entrepreneuriat n’est pas fait pour elles. On observe un véritable découragement, car ces jeunes et ces femmes se méfient des institutions publiques et ne se sentent pas capables de s’insérer dans une société qui semble inaccessible.

Les constats sont sans appel :

● N’ayant pas acquis les compétences techniques et savoir-faire adéquats, ces publics sont très éloignés de la culture du monde du travail.
● Ces populations fortement éprouvées par la pression familiale, financière et sociale revoient à la baisse leurs attentes.
● Les longues périodes de chômage tendent à devenir plus fréquentes, le manque de qualifications et de compétences persiste. Il peut s’ensuivre une dégradation des conditions de santé physique et psychologique.
● Ces personnes une fois marginalisées ne font plus appel aux services publics de l’emploi et se retrouvent « hors des radars ».

Pourtant 85 % des emplois de 2030 n’existeraient pas encore. L’expansion du numérique, de l’intelligence artificielle, et la nécessité de s’adapter aux bouleversements écologiques, transforment profondément le rapport au travail. Près de 9 % des emplois en France présentent un risque élevé d’automatisation complète et plus de 25 % d’automatisation partielle. La robotisation et la digitalisation du travail impactent déjà les personnes les plus vulnérables et pourraient encore creuser les inégalités sociales.

Pour éviter d’accroître les inégalités sociales dans ce contexte de métamorphose du travail, il faut promouvoir un nouveau modèle d’innovation sociale, où la production de richesses, de technologies et de savoirs est aux mains de tous, comme la diffusion de l’écriture a permis l’instruction. L’objectif est de combler le décalage entre les perspectives d’inclusion offertes par les nouvelles technologies, plus intuitives, moins chères donc moins élitistes, et l’incapacité actuelles des personnes non qualifiées à s’en servir comme levier de réinsertion pour avoir des activités à valeur ajoutée et créatives. Ces enjeux appellent une réponse systémique, durable.

Le mouvement citoyen international « Right to Repair » porte un nouveau paradigme économique, social et écologique qui peut bénéficier d’abord aux plus fragiles.

En plein essor depuis Shenzhen, en Afrique et maintenant en France, le modèle redonne aux usagers les clés d’accès aux technologies qui envahissent notre quotidien (numérique, IA, objets connectés). En sortant du paradigme de l’innovation chère réservée aux privilégiés, il permet à chacun de réparer seul ou en communauté les objets et services bénéfiques pour soi et son collectif. Il permet ainsi de se réparer soi-même, à travers le développement d’activités génératrices d’emploi, durables et inclusives, appuyées sur des communautés apprenantes et entrepreneuriales. Il permet enfin de contribuer à l’émergence d’une société de la connaissance.

Nous proposons d’adapter ce modèle en France.

Quel est le concept du projet ?

Nos sociétés ont besoin de se transformer, les urgences écologiques et sociales en sont les premiers symptômes.
Dans ce contexte, nous croyons qu’il est primordial de créer une dynamique entrepreneuriale coopérative, inclusive autour d’un modèle d’avenir et résilient.

Notre projet vise l’inclusion durable des publics éloignés du travail, à travers un nouveau modèle de production ouverte permettant de faire face aux enjeux économiques et écologiques actuels.

De plus, il cible une population qui n’était jusqu’alors insérée dans aucun des modèles existants. Cette marginalisation lui donne finalement, au travers du prisme de notre projet, toute l’agilité nécessaire pour explorer de nouveaux paradigmes sociétaux, s’en emparer et créer le pas de côté sociétal qui devient vital.

Déployé sur 3 territoires sensibles - Paris/Montreuil, Aix/Marseille et Lille/Roubaix - Right to Repair est conçu pour accompagner dès la première année 500 personnes en situation d’exclusion par site, soit 1500 personnes au total.

L’objectif est de permettre aux bénéficiaires de vivre une expérience humaine à la rencontre de leurs propres talents, de leurs propres ressources. L’idée fondamentale est d’inverser le paradigme « du marché du travail vers l’individu » et de partir de l’individu (son identité, ses talents et ses rêves) pour aller vers le marché du travail, afin de construire une inclusion durable et épanouissante.

En stimulant le goût d’apprendre et en favorisant la transmission des apprentissages de pair-à-pair, en diffusant les bénéfices des logiques Open Source, il s’agit de construire une nouvelle communauté d’entrepreneurs, de « makers » qui pourront exprimer leurs talents jusqu’ici cachés.

Organisation du programme

Le projet est découpé en trois périodes :

  • Période 1 - Le Comptoir des Opportunités : utiliser le meilleur de l’ingénierie sociale, du coaching, et de l’intelligence artificielle pour aiguiller et orienter vers des parcours adaptés aux rêves, talents, attentes les personnes bénéficiaires que nous appelons les « Talents Cachés » ;
  • Période 2 - Le Voyage Entrepreneurial : des expériences de développement personnel et d’intelligence collective, pour se reconnecter à soi et aux autres, le choix d’une filière, d’un projet, d’une équipe pour construire, prototyper, apprendre en faisant, et accumuler les expériences positives et créatrice de valeur ;
  • Période 3 - L’Essaimage : passer un maximum de projets entrepreneuriaux à l’échelle, se déployer sur de nouveaux territoires, inspirer de nouvelles populations avec les histoires vécues, et créer des emplois, objets et services durables, avec un impact positif sur la planète. La plateforme numérique de coopération Right To Repair permettra aux participants de créer du lien, s’enrichir des expériences des autres, visualiser et partager leurs progressions et difficultés et capitaliser leurs connaissances. Cette plateforme est l’opportunité de créer une communauté autour du droit à réparer et de l’open-source et être à la base de la structuration de coopérative d’entrepreneurs.

Les plus-values du projet

  • Un ensemble de contenus, parcours et méthodes pédagogiques et technologiques partagées en open-source sur une plateforme numérique collaborative.
  • Le passage à l’échelle : une démarche de recherche appliquée pour une amélioration itérative des actions menées et leur essaimage vers des territoires ruraux ou aux infrastructures légères.
  • Une formation continue co-conçue et proposée aux acteurs des territoires souhaitant créer leur propre parcours Right to Repair
  • Repenser l’accompagnement et la pédagogie vers une société apprenante

Objectifs et impact

Nos principaux objectifs sont :

  • redonner à chacun la confiance et l’estime de soi nécessaire à la construction d’un projet de vie épanouissant et inclusif.
  • redonner le contrôle des objets et ressources technologiques aux personnes qui en sont les plus éloignées.
  • contribuer à la création de nouvelles activités génératrices de valeurs et d’emploi.


Notre impact est quantifiable et multi-territoires :

  • immédiat par l’accompagnement et le retour vers l’emploi ou la création d’entreprises pour 1500 personnes issus des populations exclues de l’emploi dont 300 qui bénéficieront du parcours entrepreneurial (100 par site).
  • structurel par la diffusion de notre méthodologie qui sera enrichie par les retours d’expérience pour essaimer sur tout le territoire national

La diversité géographique des 3 territoires adressés par le projet (Paris/Montreuil, Aix/Marseille et Lille/Roubaix) est une force :
- Elle permet de se positionner dès le démarrage dans une logique de transférabilité car elle doit anticiper le contexte local, la dynamique des acteurs et des ressources du territoire.
- Le retour d’expériences locales sera un atout pour un déploiement vers les territoires ruraux, puis, au-delà, dans d’autres territoires y compris à l’international.
- Elle constitue également un point fort de l’évaluation, puisque les résultats et les impacts observés seront mis en relation avec des éléments de contexte (contexte économique et social) et la manière dont le projet aura été mis en œuvre localement. 

Rejoignez la discussion sur https://coa.crapaud-fou.org/channel/right-to-repair pour en savoir plus.

Collaborateur(s) de cette page: thanh et mose .
Page dernièrement modifiée le Lundi 29 juillet, 2019 16:21:43 CEST par thanh.